A l'orée du procés Breivic en Norvége se pose la question de la fascination du terrorisme telle qu'elle s'exerce sur les peuples d'Europe.

Anders Breivic est notre concitoyen européen. Il est un des visages les plus obscurs de nos cultures et de nos mythes.

Au mois de juillet il a tué délibérement plus de 76 personnes.

Il se présente comme un combattant, ayant agit en état de légitime défense face à des personnes qu'il a considéré comme des "collaborateurs" des nouveaux envahisseurs définis comme islamistes.

Nous n'entrerons pas dans des considérations sur sa santé mentale ou sur des considérations idéologiques qui l'auraient motivées, qui vont de la Franc-Maçonnerie aux théories du Contre-Djihad , dans le cadre duquel les attentats qu'il a commis seraient considérés comme la simple et légitime réplique aux assassinats pérpétrés par les islamistes et leurs alliés en Europe depuis plusieurs décennies- des attentats en France de 1987, 1996 à ceux commis en Angleterre, Espagne et ailleurs.

Nous nous interrogerons plûtot sur le cadre culturel dans lequel s'inscrit Breivic. Fan d'armes, et de jeux où on tue en masse de façon virtuelle ; Breivic est aussi l'enfant d'un univers européen où le tueur, le terroriste obsessionnel est devenu un héros constant et quasi-légitime.

En France Mohamed Merah, le tueur de Montauban, présente un profil similaire à celui de Breivic. Assassin solitaire, sans pitié, massacrant sans hésitations des enfants, Merah a prétendu agir au nom d'une cause quasi-identitaire, similaire en ce sens à celle de Breivic : la propagation de l'Islam et la haine d'Israel, faisant place chez Breivic à une défense de l'identité européenne alliée à une haine féroce pour ceux qui la trahissent, selon lui.

Les modéles de Merah on les trouve chez les terroristes Palestiniens ou les tueurs du GIA, voire ceux du FLN. 

On ne peut qu'être frappés par la similitude des assassinats commis par Merah et ceux commis par les tueurs palestiniens d'Itamar ou ceux commis par les terroristes du FLN ou du GIA.

En fait Breivic a appliqué des méthodes de terrorisme identiques à celles de Merah, qu'une large part de nos médias et de l'opinion ont approuvées sans sourciller quand elles étaient mises en oeuvre par ceux qui se présentent comme les ennemis de l'Europe (dépeinte comme une terre à conquérir, et à purger de ses "Croisés") et d'Israel (imaginée comme vestige de la Colonisation européenne en terre arabe).

L'approbation servile que manifestent les zélateurs des tueurs des mouvements terrroristes palestiniens , du FLN des années 60 ou même des bouchers d'Action Directe est à l'origine même de l'héroisation du terrorisme qui méne à l'horreur Breivic.

La confusion toujours entretenue entre "Résistance à l'oppression" et "terrorisme aveugle" a largement contribué à marquer le chemin.

Que pouvait -il y avoir de commun entre combattre les soldats Allemands dans les maquis du Vercors etmassacrer tous les habitants d'un village comme le firent couramment les terroristes Algériens ?

Un aveuglement criminel et une haine implacable de l'homme ordinaire d'Europe ont entrainé la majeure partie de l'intelligentsia européenne à considérer les formes les plus abominables de violence et de barbarie comme "légitimes" et nécessaires. Le friable vernis intellectuel dont se parait ce monument de bêtise crasse qu'est "Les damnés de la terre", préfacé comme on assassine par un JP Sartre en pleine hallucination meurtriére , masquait à peine (mais suffisamment, sans doute) une volonté affirmée de génocider l'homme européen, forcément coupable, forcément condamné.

En même temps qu'il faut juger Breivic, il faut juger la fascination de nos élites européennes pour le terrorisme et la violence aveugle. Le dérèglement idéologique de Breivic s'est alimenté à la fois de cette fascination et de cette haine irraisonnée pour l'homme d'Europe qui se lit toujours et partout dans nos pays -En France, la haine "bien-pensante" manifestée à l'égard de celui que l'on a nommé le "Beauf" , omniprésente et fastidieuse , est sans doute le combustible principal qui alimente la machine FN.

Pour désarmer l'horreur Breivic, il convient de désacraliser et déligitimer la violence terroriste qu'elle quelle soit, et d'où qu'elle vienne, et de remettre l'humain et son centre dans l'espace de la démocratie et du dialogue. Même si les termes de cette démocratie et de son dialogue n'entrent ni dans les normes de la bien-pensance ni dans les périmétres du concept "post-démocratique" tant vanté par certaines de nos élites.