Hier le Président de la République a "reconnu" la "répression sanglante du 17 octobre 1961".

Rappellons que ce jour là une manifestation du FLN non autorisée était violemment réprimée par la Police Parisienne.

Les historiens sérieux estiment qu'entre 30 et 50 manifestants trouvérent la mort dans les affrontements. D'autres estimations estiment , elles, le nombre de morts à plus de 300.

Au-delà de cette polémique sur le nombre, il est indéniable que la repression fut menée de maniére extrémement ferme, et donna lieu à des violences inadmissibles. 

On peut néanmoins s'interroger à propos de cette "reconnaissance" de faits certes dramatiques, mais qui s'insérent dans l'histoire sanglante de la Guerre d'Algérie. On pourra se souvenir par exemple du massacre de la rue d'Isly dans lequelle entre 36 et 80 personnes, hommes, femmes, enfants, furent fusillés, souvent à bout portant, par les soldats de l'armée française. Nul président ou autorité de la République n'a jamais "reconnu" ce massacre.

Nul hommage, nulle plaque, ne rappellent ce que fut le martyr de ces civils. 

Souvenons nous des massacres d'Oran en juillet qui firent plus de 800 morts et disparus.

Ces massacres perpetrés par l'Etat Algerien, comme le fut le génocide des Harkis, restent inconnus de la mémoire nationale.

Sans doute faut-il voir dans cette éniéme repentance des pouvoirs publics l'ombre de cette "France-Algérie", dans laquelle le commerce, les arrangements de dessous de comptoir, les petits trafics et les grandes fortunes prospérent...

Il faut aussi y voir la veulerie effroyable de notre classe politique, la nostalgie post-colonialiste d'une intelligentsia inepte et aveuglée par sa haine de la France ; et plus que tout une France paumée, en fin de vie, dirait-on.

Que peut vraiment signifier la reconnaissance de la repression du 17 octobre 1961 par M. Hollande ? 

Aprés tout, des traitres, des bouchers, ont pu à l'instar d'anciens collabos, mener des carriéres paisibles et bien rémunérées dans une France vite oublieuse ...

Alors n'est-elle simplement qu'un symptome de plus du cancer moral qui ronge notre société, qui piétine les morts de Melouza et félicite les bourreaux ?

Ou plutot cette reconnaissance ne signifie-t-elle pas l'aveu d'une guerre civile ici-même, guerre cachée, guerre honteuse, guerre de tous les jours, guerre de tous contre tous, guerre des victimes "officielles" contre les victimes "piétinées", guerre de toutes les démissions et de toutes les trahisons ?